Aires de marcus malte

Prenons de l'avance, avec Marcus Malte

Le roman "Aires" de Marcus Malte s'ouvre sur un préambule rédigé par un être (humain ?) du futur qui s'intéresse comme historien à notre société actuelle, et la décrit à ceux qui vivent en son temps. Le langage du futur qu'a créé l'auteur est très ingénieux, et ses réflexions assez savoureuses... Extrait :

" C'était l'ère de l'individu. L'égoprime au paroxysme. Moi exclusif. Unité centrale. Un+un+un+un... qui jamais ne font somme. Les hommes toujours au singulier. Chacun farouche gardien de sa propre prison (single cell, cingle cell, ils chantaient !) Chaque partie se prenant pour le tout, et le tout pris pour entité négligeable.

 

Et quoi encore ? Ceci : c'était l'ère du labor généralisé. A l'échelle universelle. esclavail pour tous ! Cette punition que nous réservons à nos pires déviants était pour eux un but, une quête, un upgraal suprême. Ils en voulaient. Ils en demandaient et en redemandaient. Avec quelle aviddicté ils le recherchaient ! Pas de plus puissant motif d'efforts et de sacrifices et de compromissions. C'était, je dirais même, l'un des fondements dde leur ecosyst. Le monde à l'envers. Ils donnaient volontairement (volontairement !) la part la plus précieuse de leur temps, de leur matière grise, de leur sueur, et ce en troc de quoi ? De gages ! Un tribut qu'ils appelaient "salaire" ... Ah ! Je vois que ce terme vous titille l'oreille. En effet, c'est bien là l'origine de ce "sale aryé", injure dont vous usez et abusez sans discerne. Simple distorsion sémantique - un peu d'estymologie au passage ne vous nuira pas. mais cette ordure langagière serait-elle l'ultime abatar que nos ataves nous ont transmis ? Hélas, non, ils nous ont légué bien pire."