J ai vu sisyphe heureux

J'ai vu Sisyphe heureux

"J'ai vu Sisyphe heureux" est un recueil de trois récits poétiques en français et en grec, écrits dans une langue simple, douce et profonde comme une confidence chuchotée lors d'une veillée.

"Cette maison n'a besoin de rien" est le premier récit. Il raconte comment, après la mort d'un modeste pêcheur, sa veuve et ses enfants maintiennent à flot la barque de leur humble famille, envers et contre toutes les difficultés, dignement. Extrait :

"Au bout de quelques jours

Fatiguée par les visistes

Ayant peur que sa fierté

Ne mette la ville en colère

Elle a accroché sur la porte du jardin

Un petit panneau

"Vous êtes les bienvenus

Venez les mains vides

Cette maison n'a besoin de rien"

 

"J'ai vu Sisyphe heureux" est le deuxième récit. Il raconte le mariage heureux d'un couple des gens humbles, qui traversent un demi-siècle unis comme les doigts de la main, satisfaits de leur vie sobre et généreuse. Leur pas de porte est un lieu d'échanges joyeux et harmonieux. Après leur mort, la narratrice repasse souvent devant chez eux. Extrait :

"Quatre murs seuls qui tournent au gris

Gonflés d'humidité comme s'ils retenaient des larmes

Et une petite cour déserte collée au mur de la maison voisine

Il fallait bien du talent pour en faire un paradis

Leur départ

Signe la fin d'un monde

Vivre pauvre sans être rustre

Avoir peu et tout offrir

Garder le meilleur pour l'ami ou l'étranger

Reprendre tous les matins le même chemin

Savoir que toute la vie sera ainsi

Et en sourire

Moi

J'ai vu

Sisyphe heureux."

"Le centaure de notre enfance" est le 3è récit. Il fait le portrait de Fotis, un habitant de la petite ville où la narratrice a grandi, doux rêveur ami des enfants et des animaux, marginal solitaire et philanthrope au coeur de la cité, clochard céleste, prophète ignoré comme Cassandre mais dont la disparition crée une véritable déflagration parmi les habitants. Quelle description émouvante du jour de son enterrement !  Extrait :

Comme ils marchaient dans le froid noir

Ivres et heureux

Ils ont tourné leur regard vers le firmament

Et ils ont imaginé Fotis errer

Dans ce ciel mité par des milliers d'étoiles

Il y trouverait bientôt

Ont-ils pensé

Ses habitudes éternelles

Entre rires et larmes

Ils faisaient des suppositions

Sur son poste céleste

Les pêcheurs l'imaginaient

Occupé à raccommoder des nuages

Et un archéologue

Qui connaissait la passion de Fotis pour tout ce qui était ancien

L'a nommé

Gardien des étoiles éteintes.