Construire un feu

Construire un feu

Un homme avec son chien marche sur une route dans le grand Nord canadien par un froid qu'on a du mal à se représenter dans nos contrées tempérées. On lui a pourtant bien dit qu'en deçà de -50°C un homme seul ne pouvait faire la route qu'il s'apprêtait à faire... Mais l'homme est orgueilleux, et il méprise les recommandations des prudents. Pourtant, quand un faux pas le place en danger de mort et que sa survie tient à une seule chose, parvenir à construire un feu, il regrette son caractère bravache et admet en lui-même qu'il vaut mieux affronter le danger à plusieurs...

 

L'écriture est sèche et rude comme les conditions climatiques où évolue le personnage. Celui-ci est incarné dans toute l'étendue de son corps, depuis les extrémités, qui gèlent en premier, jusqu'au cerveau, force motrice qui ne doit pas capituler. Un homme solitaire dans la lutte pour sa survie contre les éléments, c'est donc cela que raconte la nouvelle de Jack London : la jauge entre l'économie et la dépense d'énergie, la prise de décision rapide, l'instant présent qui occupe tout l'espace mental, avec tout de même, fugacement, la lucidité sur laquelle on ne s'attarde pas davantage car il est trop tard désormais : si j'avais écouté les autres, si j'avais un camarade avec moi...