La vieille

Noir c'est noir

"La vieille qui ne voulait pas mourir avant de l'avoir refait", c'est du Tarantino en roman. Le milieu représenté est tellement sordide, ses  protagonistes tellement cyniques et cruels qu'on peut être pris d'un malaise devant tant d'immondice humaine. Au coeur de cette boue d'amoralité s'élève la vieille Pauline Verdi, soleil noir de la vengeance, qui, avec quelques uns de ses proches, va régler des comptes. On n'est pas dans le burlesque de la représentation de naifs gentils qui se retrouveraient de façon incongrue dans un milieu bien plus violent que ce qu'ils peuvent imaginer ; non, la vieille n'est pas enfermée dans sa vieillesse qui la rendrait risible face à de jeunes hommes cruels, elle est vieille parce qu'elle a vieilli, mais elle est restée la même personne qu'avant, courageuse et impitoyable, donc redoutable. Les dialogues dont tellement crus qu'ils en sont extrêmement savoureux, et permettent de rire un peu, dans cette ambiance si malsaine et violente. La référence à Tarantino me vient aussi avec le fait que le lecteur est dérouté face à une intrigue qui lui glisse entre les doigts, sans jamais le perdre toutefois.